AACSB, EQUIS et AMBA ? La vérité sur les accréditations internationales…
Avec l’évolution de la formation en commerce et mangement vers un marché international, la concurrence entre les écoles et universités augmente et la course aux accréditations est lancée. Pour accroitre leur visibilité, les meilleurs établissements s’appuient désormais sur les systèmes d’accréditation ou de certification internationaux tels que le label AACSB, EQUIS et AMBA. Dans ce contexte international où parfois la simple reconnaissance de l’Etat ne suffit plus, ces accréditations ont tendance à rassurer et peuvent même devenir de véritables arguments commerciaux pour les étudiants comme pour les entreprises. Mais qu’en est-il réellement sur la pertinence de ces fameux labels…, ne serait ce pas simplement un effet de mode passager ?
A l’instar du label français CGE « Conférence des Grandes Ecoles », les principaux labels internationaux n’on pas de valeur officielle et n’accréditent pas les diplômes (comme le font le Visa ou le Grade de Master) mais les établissements. Pour obtenir ces fameux labels, les institutions sont conseillées puis évaluées sur la base d’un certain nombre de critères liés au corps professoral, à la sélection des étudiants, au contenu des programmes, à la recherche etc.
Le label américain AACSB
L’AACSB (Association for the Advancement of Collegiate Schools of Business) est un label américain qui a été fondé en 1916 et compte aujourd’hui plus de 450 établissements membres accrédités dans le monde entier. Destiné au continent américain, ce label s’est récemment tourné vers les programmes de type Bachelor ou Master des autres pays.
L’association met en avant que seules 15% des écoles possèdent ce label dans le monde… mais oublie de préciser que la plupart des établissements américains possèdent ce label ! Il suffit de regarder les sites des universités et business schools américaines pour se rendre compte que le label n’est pas autant mis en avant que par les ESC françaises : au Etats-Unis, l’AACSB n’est pas synonyme de différenciation comme en France, c’est un label que toute bonne école américaine doit avoir.
• Les principaux critères : processus de recrutement des étudiants, niveau académique des professeurs, mode d’évaluation et méthodes pédagogiques utilisées.
• Les établissements français accrédités AACSB (11) : INSEAD, HEC, ESSEC, ESCP, EML, EDHEC, AUDANCIA, GEM, ESC Toulouse, ESCEM, ESC Clermont (cette liste sera mise à jour quotidiennement)
Coût de l’accréditation : 22.000 euros + 2.887 euros par an
• Année de pré-candidature : 2.887 euros
• Examen de candidature : 9.339 euros
• Frais de voyage du jury : à partir de 2.547 euros
• Frais annuels : 2.887 euros
Le label européen EQUIS
EQUIS (European Quality Improvement System) est un système d’amélioration et de certification de la qualité des établissements d’enseignement supérieur au management en Europe. Mis en place en 1998 par l’EFMD (European Foundation For Management Development), ce système d’audit stratégique et d’accréditation européens s’est rapidement imposé comme une référence dans le monde entier et distingue actuellement une centaine d’institutions dans 26 pays différents. Les critères d’évaluation étant relativement similaires à l’AACSB, l’EFMD a initié en 2002 un rapprochement avec l’organisme américain… l’idée d’un prochain label unique et commun aux Etat Unis et à l’Europe n’est donc pas à exclure.
• Les principaux critères : la synthèse de l’excellence académique, de l’innovation pédagogique, de relations étroites avec les entreprises et d’une réelle ouverture internationale.
• Les établissements français accrédités EQUIS (15) : INSEAD, HEC, ESSEC, ESCP, EML, EDHEC, AUDENCIA, RMS, GEM, BEM, ESC Rouen, ESC Toulouse, EUROMED, ESC Lille, IAE d’Aix (cette liste sera mise à jour quotidiennement)
Coût de l’accrédiation : 26.000 euros
• Dépôt du dossier de candidature : 6.000 euros
• Traitement du dossier par les experts EQUIS : 10.000 euros
• Délivrance de l’accréditation par le comité EQUIS : 10.000 euros
• Frais de conseil : 2000 euros + 1500 euros/ jour
Le label britanique AMBA
Depuis 1967, l’Association of MBAs (AMBA) participe à la mise en place d’un standard international pour les programmes du type MBA. L’association britannique semble cependant être le plus fragile des trois organismes ; Son potentiel d’expansion à l’international est en effet limité, et le label n’a pas réussi à s’imposer sur le marché américain et mondial contrairement à l’EFMD (EQUIS) et l’AACSB.
• Les principaux critères : l’institution organisatrice, le contenu et le timing des programmes, le niveau du corps professoral, le cursus des élèves admis, le suivi des diplômés ; tant au niveau de leur acquis qu’à celui de leur nouvelle valeur sur le marché et du bonus apporté à leur carrière par leur MBA.
La course aux labels : double ou triple accréditation
La nécessité pour les écoles de commerce de cumuler plusieurs accréditations n’a pas été prouvée, sachant que les mêmes qualités sont reconnues par les trois labels, on peut se demander s’il est utile d’investir dans une double ou triple accréditation. En 2002, HEC a été la première école française à mettre en avant sa « triple couronne, entraînant les écoles concurrentes à la suivre, par imitation.
Cette course aux labels fonctionne merveilleusement bien en France au grand bonheur des organismes, mais les institutions les plus reconnues au monde dans le domaine de l’enseignement au management, tel que l’INSEAD (pour citer le meilleur établissement français), n’y participent pas !
En conclusion, les accréditations sont elles une valeur sûre ?
Beaucoup de spécialistes pensent que les accréditations sont une mode passagère et que les organismes risquent de perdre à leur propre jeu « Au départ c’était un réel facteur de différenciation, quand nous étions peu nombreux à l’avoir. Là, toutes les écoles vont peu à peu faire leurs demandes… quand toutes les écoles et institutions seront accréditées ou presque, on reviendra à l’essentiel : les candidats demanderont qu’elles sont les différences que tel ou tel programme leur apporteront. » explique François Chanlat, le responsable du MBA de l’Université Paris Dauphine.
On peut également reprocher le manque de visibilité des accréditations, notamment pour les non-initiés qui ne savent pas toujours à quoi correspond tel ou tel label. Les critères un peu extravagants parfois, comme par exemple la nécessité d’avoir une télévision qui diffuse en permanence le cours de la Bourse au sein des écoles accréditées, ne renseignent pas toujours sur la réelle qualité d’une institution. On peut donc se demander si les coûts exorbitants liés aux accréditations sont réellement justifiés ; N’oublions pas que 26 000€ investis dans un label sont 26 000€ qui auraient pu être consacrés au développement de l’école, le recrutement de nouveaux professeurs..
Pour autant ces systèmes de reconnaissance jouent un rôle essentiel de stimulation au niveau interne ; Ils nécessitent en amont et en aval une démarche collective d’amélioration qui ne peut être que bénéfique pour les établissements. De plus, les accréditations ont le mérite de ne pas classer les établissements accrédités entre eux, mais simplement de départager les meilleurs institutions au monde.
NB : Attention, être membre AACSB ou EFMD (EQUIS) ne signifie pas être accrédité AACSB ou EFMD, certains établissements peu scrupuleux essayent parfois de jouer sur les mots !!
tag this