Faut il se fier aux classements des ESC ?
Qui n’a pas regardé les classements des ESC pour sélectionner son école ou regarder les évolutions de sa formation d’une année sur l’autre ? Particulièrement en France, nous sommes habitués à mesurer la qualité d’une formation en la comparant aux autres, et c’est ici qu’interviennent les fameux classements dont raffolent les étudiants et plus particulièrement « les prépas » (les préparationnaires aux grandes écoles). Souvent ces classements font mal aux écoles de commerce, à tel point que certaines d’entre elles embauchent des personnes à plein temps pour s’occuper des relations avec la presse !
La réalité des classements
La plupart des critères utilisés pour ces classements, tels que les accréditations, le nombre dÂ’accords à lÂ’international, le nombre de professeurs Docteurs (ou parfois même des critères plus insolites tel que la surface en m²/étudiant etc.) sont souvent discutables et peuvent être remis en cause. En effet, comment expliquer qu’une école située à la 18e place dans un classement général puisse être 9e dans celui d’un magasine concurrent ? Tout ceci montre bien quÂ’un classement ne reflète que les choix méthodologiques de ses auteurs et non pas la qualité de l’enseignement.
De plus, comme le précise Patrick Fauconnier, le fondateur du magazine Challenges, beaucoup des informations données par les écoles sont biaisées « CÂ’est la foire aux mensonges sur tout : les salaires des diplômés, le nombre dÂ’enseignants, des départs à l’étrangerÂ… Les seuls chiffres dont je suis sûr, ce sont ceux des concours, notamment grâce aux statistiques SIGEM (dont le but est de répartir les candidats entre les écoles) ». Ce système dÂ’affectations permet de déterminer officiellement le nombre de candidats par école, les désistements et la sélectivité ; Mais peut-on mesurer la qualité dÂ’une école uniquement sur un concours ? DÂ’autant plus que ces statistiques ne concernent que le concours « prépas » et non celui des AST (Admis Sur Titres : bac +2/3/4) qui représentent bien souvent plus de 50% des promotions des ESC, même parmi les 10 premières écoles !Â
Des français un peu trop conformistes
Pour rendre les choses encore plus difficiles, les étudiants français sont assez frileux aux changements dans les classements, comme si chaque école avait sa place attribuée et qu’il ne fallait pas trop bouleverser l’ordre des choses, sans quoi le classement est considéré comme extravagant. Les premières ESC restent les meilleurs et les dernières demeurent les «plus mauvaises», seuls les ESC de milieu de tableau bougent régulièrement de place et créent parfois « la surprise » de l’année avant de redescendre de 4 places l’année suivante (il faut bien que les magazines justifient les classements annuels…). Le mécontentement général de l’AACSB et de l’EFMD témoigne des difficultés de l’enseignement supérieur à se doter d’instruments d’évaluation fiables et transparents pour les étudiants et les entreprises. Finalement, qu’un magasine place une école en première ou dernière place…, le plus important ne serait ce pas tout simplement l’avis des recruteurs ?
Nous réalisons actuellement une étude auprès des entreprises (PME et multinationales) afin de vous proposer une évaluation fiable sur l’image des écoles de commerce auprès des recruteurs, celle-ci sera probablement achevée courant 2007.
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